De la colère

Pascal: Il me semble que s'il y a colère, c'est bien parce qu'à un moment donné, je prends les choses d'un point de vue personnel. Si je ne m'impliquais pas, si je ne pensais pas que la situation arrive à "moi" il me semble qu'il ne pourrait pas y avoir de colère.


Didier: C’est un sujet délicat, car il y a bien une différence, mais elle n’est pas visible. Entre un Didier en colère et un tout autre personnage, un oeil extérieur verra à peu près la même chose. Par contre, le vécu de l'un et de l'autre va être fondamentalement différent.


Si accès de colère il y a, la colère ne sera pas alimentée par une impression d’être bafoué, qu’on ne me respecte pas ou qu'on m'en veut, ou par des pensées du genre “Ils se foutent vraiment de moi”, ou bien “ils auraient quand même du/pu faire autrement”, etc… . Et il n'y aura pas de rémanence. La colère s'en vient, la colère s'en va. Il n'y a pas d'impressions ou de pensées parasites qui perdureraient bien après que la situation soit résolue... ou pas d'ailleurs !


La proposition ici est que la colère vient de la situation elle-même, comme une énergie de changement, comme un élément de modification du script, comme le fleuve de la vie mutant temporairement en cascade. C’est!


Ce n’est déclenché par personne, ce n’est subi par personne. C’est! Un point, c'est tout.

Et la partie magique est que cette colère s’arrête net, en la résolution du problème... ou sa non-résolution, sans la moindre possibilité de blamer quiconque, moi ou un autre. Il n'y aura de rémanence émotionnelle, ou de traces de traumatisme qui vont s'éterniser à quel que niveau que ce soit.


Cela va être une forme d’activité intense du personnage, générée par les éléments en présence, qui va disparaître en leur absence...