A propos des jugements

Cécile : Tout ce que nous vivons se vit au travers du filtre de notre égo, de nos conditionnements.


Didier : Oui, tout à fait. Mais ce n’est pas une mauvaise chose du tout, ce sont les “règles du jeu”. Et tant mieux qu’elles existent, sinon il n’y aurait pas d’histoire !


Cécile : Et tout se vit pour qu'on prenne conscience de cela pour, consciemment ou pas, lever les couches d'illusions au fur et à mesure que ça se présente.


Didier : Non, l’histoire de vie n’est pas là pour quoi que ce soit de spécifique, pas une évolution “vers”, et surtout pas pour ce qu’on appelle “Eveil”. Il peut bien sûr y avoir des couches qui se lèvent, et il peut même y avoir “Eveil”, si c’est inclus dans le “script”. Pas de problème, ni d’obligation, dans tous les cas.


Cécile : La souffrance vient du fait du jugement qu'on porte sur ces événements, qu'on croit très vrais et ainsi la vie nous donne toujours raison car dans notre système, on joue toujours à se donner raison, jusqu'à une certaine prise de conscience.


Didier : La souffrance ne vient pas directement du jugement, qui est utile dans certains cas, mais du "jugement fragmenté" - ou de façon plus générale des décisions, des pensées, des émotions, générées par cette illusion de fragmentation, de division, de séparation.

A partir d’une vie duelle, les jugements sont effectivement hypnotisants et réaffirment sans cesse une identité, un “moi” séparé existant à travers “mon” jugement. C’est la cause principale de souffrance.

Cécile : La solution serait-elle de vivre ce qui vient "tout simplement" à travers le corps, sans jugement, sans comparaison. On sort ainsi de la roue du hamster, n'est-ce pas ?


Didier : C’est une manipulation habile que tu proposes ?... pour éviter le VRAI changement, qui n’est pas un changement de “FAIRE” (les jugements peuvent bien être là, de façon assez différente il est vrai), mais qui est un changement (apparent) d’ETRE. Quand ton histoire de vie se déroule sans possibilité d’étiqueter une partie “moi” et une autre partie “pas moi”, la souffrance disparaît, bien que tous les éléments constituants “ton” histoire humaine restent, incluant … les jugements ? (qui deviennent relatifs du coup).


Cécile : As-tu un autre regard par rapport à ce qui se vit, la raison de ce qui se vit (sans juger si c'est une bonne ou mauvaise raison) ?


Didier : Oui, le regard a changé, et effectivement les étiquetages “bon” et “mauvais” sont des informations fonctionnelles, pour aller vers ce qui marche et éviter ce qui ne marche pas, mais il n’y a plus possibilité de jugement absolu, et surtout plus personne à blâmer car dans ce cas il faudrait blâmer l’univers entier !:-)ᅠ